AIR
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L'ARBRE
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Ce que je peins
C’est un travail sur la trace.
Celle de l’homme sur un mur, Celle de la mer sur la coque d’un bateau, Celle du vent sur le sable, Celle du feu sur le paysage.
La trace, empreinte de l’éphémère et de l’éternité, témoigne.
C’est un travail sur la mémoire des Terres.
Foulées, arpentées, incubées. Je suis issue d’une lignée de cultivateurs où la Terre est symbole d’ancrage et de nourriture. Les arbres, leur bien le plus précieux. L’arbre est mon ADN et mon essence.
Partout je parle aux arbres,
Partout j’écoute leur langue m’envelopper. Leur énergie me soutenir. Partout je photographie et dessine leurs peaux qui me fascinent. L’arbre est mon inspiration et mon indispensable. Il a insufflé le début de mon chemin artistique : compositions végétales sous forme de tissages, incrustations de bois, de terres, de pétales, mises en scène de feuilles et d’écorces.
Depuis 25 ans, je peins.
Sur des toiles de lin, sur papier ou sur bois. J’utilise acrylique, pigments, pastel, fusain, sanguine, encre, bâtons d’huile, sable, terres et poudre de marbre.
Je baptise mes toiles. J’ai besoin qu’elles soient nommées. Quelquefois le titre est un poème court. Le titre participe à l’œuvre. Non pour guider un regard extérieur, encore moins le déplacer. Un titre pour affirmer, compléter, signer la parole du sujet peint. Et parce que les mots sont aussi ma nourriture.
Je suis la gardienne des toiles que j’ai peintes.
Elles ne m’appartiennent pas. Elles sont comme des enfants que l’on aide à grandir.
Comme les fruits de l’arbre. Ils tombent quand ils sont mûrs.
Les toiles transportent une vibration qui attend la rencontre.
Le bonheur si j’assiste à la rencontre. Là je sais pourquoi je peins.
« Je crois que le peintre doit être transpercé par l’univers et non vouloir le transpercer…Je peins peut être pour surgir » André Marchand


